Association Belge des Syndicats Médicaux

9419 - Iode

Révision de la notice des comprimés d’iode à utiliser en cas d’urgence nucléaire ou radiologique 

CSS 9419 - juillet 2017

 

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Dans le présent avis, le Conseil s’est efforcé de maintenir une continuité et une cohérence avec les notices figurant dans les boîtes déjà distribuées et encore en circulation dans notre pays, tout en y intégrant, là où cela s’avère nécessaire, des éléments mis en lumière à l’occasion de l’accident de Fukushima et expliqués dans ses avis récents (N° 9275 et 9235).

Le Conseil est conscient que des travaux et des recherches sont en cours, entre autres dans le cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en vue d’une réévaluation et d’une éventuelle révision de certaines recommandations.

Lorsque ces documents seront disponibles, le Conseil évaluera la nécessité d’adapter ou compléter ses recommandations.

Le Conseil a examiné et discuté en détail le projet de notice et une notice amendée est proposée en annexe. Certaines questions de fond méritent d’être soulignées :

  • La notice proposée est un document intermédiaire entre un Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP), très complet, et une notice pour le public. En situation d’urgence et de stress, il s’avère beaucoup trop long et difficile à lire. Le Conseil recommande donc de rajouter en début de notice, sous forme d’encadré en grands caractères bien lisibles, un résumé de ce qu’il convient de savoir, en urgence, à propos de la (première) prise d’iode, sans avoir besoin de lire ou relire toute la notice.
  • Le Conseil rappelle que, si des comprimés d’iode stable doivent être prioritairement mis à disposition des groupes les plus à risque (enfants et jeunes gens jusque 18 ans, femmes enceintes et allaitantes) jusqu’à 100 km et plus des installations nucléaires, cela ne signifie pas qu’une mise à disposition (préalable ou non) de comprimés est inutile pour les adultes au-delà des zones de planification actuelles de 10 ou 20 km. Le risque de cancer thyroïdien radio-induit est bien sûr beaucoup plus faible pour les adultes, mais un dépassement des niveaux d’intervention pour ceux-ci est possible bien au-delà de ces zones de 10 ou 20 km, et ce certainement pour un accident de type Fukushima.
  • Par ailleurs, le Conseil souligne et rappelle qu’il serait inexact de dire que la prise d’iode stable ne serait « pas recommandée » pour les adultes d’âge supérieur à 40 ans, et que dès lors des comprimés d’iode non radioactif ne devraient pas être mis à la disposition de cette partie de la population. Ce qui est vrai, c’est que le Conseil en 2015 avait recommandé que le blocage thyroïdien ne soit pas systématique chez les patients de plus de 40 ans, compte tenu 1) du risque moindre de cancer radio-induit et 2) du plus grand risque de maladie thyroïdienne susceptible d’induire des effets secondaires en cas de prise d’iode stable. Pour diminuer le risque d’effets secondaires, le Conseil soulignait dès lors et rappelle une fois encore l’importance d’une bonne information et d’une collaboration du corps médical et pharmaceutique. Des considérations détaillées sur l'administration d'iode stable aux adultes de plus de 40 ans seront trouvées dans l’avis du Conseil sur la protection de la glande thyroïde en cas d'accident nucléaire (CSS 9275, 2015).
  • L’accident de Fukushima a fait prendre conscience du fait que même dans nos centrales nucléaires de haute technologie un accident sévère peut se produire, avec des rejets radioactifs qui persistent pendant plusieurs jours, voire semaines. C’est une des grandes leçons de l’accident de Fukushima. Or nos notices actuelles, y compris la notice en projet, insistent encore sur la notion de prise unique, évoquant brièvement la possibilité « exceptionnelle » d’une « seconde » prise. Le Conseil recommande de mettre à jour la notice sur ce point.
Date de publication: 15/10/2018

 

KCE