Clostridium difficile

Avis n° 9345

Les infections à Clostridium difficile (ICD) sont caractérisées par des lésions intestinales imputables à des souches toxinogènes de Clostridium difficile produisant plusieurs toxines différentes. Les ICD ne se produisent qu’au terme d’une séquence d’événements spécifiques (dysbiose intestinale + production de toxines + réceptivité de l’hôte) ; la diarrhée et la colite pseudomembraneuse (CPM) en sont les manifestations cliniques les plus importantes. Au niveau des institutions de soins, vu l’accroissement de leur incidence, les ICD représentent une préoccupation de santé publique. Les présentes recommandations, destinées directement aux responsables des institutions de soins, ont été élaborées avec le concours direct des intervenants de l’ISP (Institut scientifique de santé publique) et sur base de leurs tout récents rapports épidémiologiques. Même si la participation à la surveillance nationale est devenue optionnelle, il est recommandé - vu l’évolution à la hausse de l’incidence de Clostridium difficile - de maintenir une surveillance locale. Différentes techniques de diagnostic sont disponibles (détection de toxines, mise en évidence de C.difficile, Polymerase Chain Reaction (PCR), typage, etc.) et un schéma optimal de décision pour le diagnostic biologique des ICD est repris dans ces recommandations. Les facteurs de risque sont liés à l’antibiothérapie (type, durée) mais également et de manière plus générale, tous ceux qui entraînent une modification de l’écosystème digestif. Le facteur « hôte » est également à prendre en considération (âge, infections et maladies sous-jacentes, immunodépression, malnutrition, etc.) ainsi que d’une certaine façon l’environnement immédiat (dans le cadre d’une hospitalisation). La prévention des ICD requiert une statégie multi-modale impliquant un ajustement de la politique antibiotique (restriction, interruption), une prise en charge thérapeutique précoce et adaptée et bien évidemment une prévention de la transmission. 

 

Par contre, les corrections de sens sont d’office reprises dans un erratum et donnent lieu à une nouvelle version de l’avis. Pour cette dernière, ce document rappelle et insiste sur l’importance du suivi et de la stricte application des précautions générales (hygiène des mains, équipements de protection individuelle, etc.) et additionnelles de type contact, même dans le cas de patients asymptomatiques (ou en attente de confirmation). De nombreuses études récentes suggèrent en effet que ces derniers puissent être à l'origine des nouveaux cas d'ICD (contamination cutanée, de l’environnement). En dehors de tout problème épidémique, il est recommandé d’effectuer un nettoyage et une désinfection journalière de la chambre du patient présentant une ICD avec un produit sporicide. Des protocoles doivent être proposés. En dernier lieu, le CSS attire l’attention des intervenants de terrain sur la définition d’épidémie et recommande, en fonction de la situation rencontrée, des mesures de première ligne (situation sous contrôle) jusqu’à la mesure ultime de fermeture complète de l’unité aux nouvelles admissions jusqu'à la sortie du dernier patient colonisé.

 

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Date de publication: 21/09/2017
 

KCE