Association Belge des Syndicats Médicaux

19/06/2015 - Communiqué de l'ABSyM - Non au tiers payant obligatoire: signez la pétition dès maintenant!

Bruxelles, le 19 juin 2015

 

Le tiers payant (TP) obligatoire en Belgique ne concerne, certes, que les BIM. Personne ne doute cependant que l’intention de la plus grande partie du monde politique et des mutuelles est bien de le généraliser. La limitation de cette obligation aux BIM n’a que deux intérêts :

 

-          avancer par étapes et donc atténuer les réactions négatives de la profession en utilisant la technique comme celle « diviser pour régner » ;

-          et surtout, utiliser l’argument social : quoi, les médecins refusent d’améliorer l’accès des plus pauvres (quand même un cinquième de la population) aux soins de santé ? Ce ne sont que des égoïstes, avides de profit !

 

L’argument est fort. Il est surtout insultant et faux. Les médecins ont toujours eu le sens social car ils sont quotidiennement confrontés à la souffrance et à la misère. Depuis toujours, ils ont facilité l’accès aux soins en donnant des soins gratuits à ceux qui en avaient besoin, en pratiquant le TP quand cela leur paraissait nécessaire, en abandonnant le ticket modérateur s’il le fallait. Les SDF,  les sans-papier, les illégaux en ont toujours profité alors que les mutuelles, donneuses de leçons, s’en foutent éperdument parce que ce ne sont pas des affiliés, alors que les autorités ne pensent qu’à renvoyer aux frontières tous ces gens qui leur coûtent, alors que les gestionnaires d’hôpitaux ne pensent qu’à renforcer les barrages administratifs pour avoir accès aux médecins.

 

Les mutuelles s’acharnent à convaincre le monde politique et celui-ci, qu’il soit de gauche, de droite ou du centre, leur emboîte volontiers le pas. Est-ce vraiment par souci des plus démunis ? Les mutuelles ne jouent-elles pas un jeu dangereux dans la mesure où le TP généralisé pourrait bien les mettre hors-jeu puisque celui-ci pourrait plus économiquement être envoyé directement à l’INAMI ?

 

En fait, l’enjeu est évident. Il apparaît parfois furtivement au détour d’un discours ou d’une interview. Celle de Brigitte Dormont, Professeur d’économie à l’Université de Paris, Dauphine sur France Culture (parue dans le journal médical français, le JIM, ce 15 juin 2015), est on ne peut plus claire. « La généralisation du TP… est une mesure extrêmement structurante (…). C’est, d’une certaine manière, la mort annoncée d’un système libéral… l’assureur paie directement le médecin… et ça rend les médecins effectivement dépendants du financeur… Si donc l’assurance maladie veut faire pression sur les médecins, elle a les moyens financiers pour faire pression sur eux. »

 

Le TP pourrait donc être le moyen de faire disparaître la médecine libérale et de l’inféoder aux assureurs.

 

Ces assauts contre la médecine libérale sont-ils le fait de la crise économique ?

 

Nombreux sont ceux dans la société qui estiment que ce sont les médecins qui induisent les dépenses explosives de la sécurité sociale par leurs prescriptions. Mais ces dépenses, les gèrent-ils à leur propre profit ou au profit des malades ? Si toute la société se lègue à ce propos, c’est essentiellement la société des bien-portants.

 

La médecine étatisée est-elle moins chère ? Peut-être, mais elle entraîne tout son cortège de mesures de rationnement. C’est le cas en Angleterre, dans les pays nordiques, aux Pays-Bas, où sont organisées les listes d’attente, l’exclusion des patients âgés de tout soin lourd.

 

Le rationnement a commencé aussi dans notre pays en matière de médicaments. Souvent, ce sont les médecins qui se font les avocats de leurs patients pour obtenir des traitements et leur remboursement. Ce n’est possible que dans une médecine libérale où le médecin jouit encore d’une certaine autonomie. La conservera-t-il ? C’est l’enjeu majeur des affrontements qui s’annoncent.

 

On a souvent dit que la Belgique possédait un des meilleurs systèmes de santé. Il est basé sur un financement social et une médecine libérale. Cependant, on pourrait bien assister au détricotage de cet excellent système en détruisant la médecine libérale, celle qui est avant tout au service du patient. C’est ce dernier qui y perdra le plus. Les médecins ne sont pas plus malheureux dans les systèmes étatisés. Ils travaillent moins et ils ne peuvent en tout cas pas servir deux maîtres à la fois : l’État et le patient. Qui est le perdant ?

 

L’heure est venue de réagir, signez la pétition en ligne sur le site de l’ABSyM dès maintenant: oui au tiers payant, non à son application obligatoire! /petition

 

Docteur Roland LEMYE

 

 

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