Association Belge des Syndicats Médicaux

Communiqué de l'ABSyM: Numerus Clausus

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Numerus Clausus


Bruxelles, le 14 octobre 2015

 

L’ABSyM constate avec désolation que l’agitation reprend du côté francophone, avec une manifestation attendue des étudiants des universités francophones contre la limitation de l’accès à la profession de médecin candidat au post-graduat. À nouveau, les étudiants sont instrumentalisés, pour ne pas dire pris en otage, par la coalition des doyens et recteurs avec le ministre Marcourt. Les responsables universitaires sont pourtant bien conscients de l’ineptie que représente la promesse de diplômer dans le futur chacun des étudiants. Tant d’acharnement, tant d’aveuglement, tant de mauvaise foi ne peuvent que surprendre un observateur non averti.

 

L’ABSyM rappelle avec force que l’instauration d’une limitation à l’accès aux spécialisations médicales, y inclus la médecine générale,  a été, dès l’origine de la mise en place du système, conçue comme exprimant la volonté d’assurer une formation de qualité, tant au niveau des études médicales qu’au niveau du post-graduat. Le libre accès aux études de médecine ou autres, ne doit pas être confondu avec le droit d’obtenir un diplôme, et encore moins avec le droit d’exercer dans un cadre de santé publique et de sécurité sociale en Belgique. Il y a aussi le droit des malades,  le droit des patients, dont un élément primordial est de pouvoir compter sur la qualité des prestataires médicaux et autres qui prennent sa santé en charge. L’encadrement pédagogique, le nombre de patients disponibles pour permettre un enseignement clinique de qualité, le nombre de pathologies se présentant chaque année en Belgique, ne permettent pas de former des contingents excessifs de médecins et encore moins de candidats-spécialistes. À une époque où les interventions et thérapies sont promises à être regroupées dans certains centres hospitaliers, où les exigences d’efficacité et d’efficience des pratiques sont de plus en plus élevées, il est totalement inconséquent de laisser des cohortes entières de jeunes se lancer dans une carrière dont on sait, à la fin du parcours de formation universitaire et post-graduée, qu’elle ne pourra leur être ouverte, non pour des raisons exclusivement de contingentement, mais parce que le niveau d’expérience qu’ils auront pu acquérir sera totalement insuffisant. Il suffit de se rappeler que les expériences d’encadrement pédagogique par petites équipes réalisées dans une université francophone belge ont dû être interrompues en raison de l’afflux excessif d’étudiants. Maintenir un contingentement, certes évolutif quant au nombre des promus, est une exigence de santé publique qui ne pourrait se satisfaire de voir tant le monde politique que les dirigeants universitaires céder à la facilité et à la pression de la rue, sauf si eux-mêmes y trouvent un avantage non avouable.

 

La Ministre de la Santé publique a fait des propositions pragmatiques visant à instaurer un lissage négatif qui doit encore être délibéré au sein du gouvernement, puisqu’elle s’est engagée à laisser diplômer ceux qui ont commencé leur cursus. Il est grand temps que le monde de l’enseignement universitaire et le monde politique de la Communauté française acceptent enfin de consacrer les moyens dont ils disposent à de réelles formations qualifiantes.

 

Dr Jacques de TOEUF

Président