Association Belge des Syndicats Médicaux

Projet ADVANCE

Pour un meilleur monitoring de la vaccination en Europe

Aujourd’hui, des vaccins sont homologués pour la protection contre plus de 20 maladies et constituent désormais l’une des interventions médicales les plus efficaces et les plus rentables pour protéger des milliards de personnes. Malgré les avantages bien documentés de la vaccination, de nombreux Européens hésitent à se faire vacciner, faisant part de leur méfiance à l’égard de la sécurité des vaccins et remettant en question la fiabilité du gouvernement, des autorités de réglementation et de santé publique et des entreprises pharmaceutiques.


La pandémie de grippe de 2009 a démontré que la surveillance des avantages et des risques liés aux vaccins pouvait être améliorée en Europe si différents acteurs publics et privés collaboraient entre eux. L'Initiative en matière de médicaments innovants (IMI) a ensuite lancé un appel pour établir un partenariat public-privé afin de mettre en place et de tester un nouveau système de surveillance des avantages et des risques liés aux vaccins en Europe. Le projet ADVANCE (Accelerated Development of Vaccine benefit-risk Collaboration in Europe) a été créé à la suite de cet appel. Les processus et les systèmes de production des données nécessaires à la surveillance des avantages/risques des vaccins ont été élaborés et évalués dans le cadre d'études de validation de principe.

 

Dans ce contexte, l'objectif spécifique de cette étude était de déterminer la faisabilité de l'utilisation des bases de données électroniques disponibles sur les soins de santé pour estimer l'incidence de la coqueluche après vaccination et des complications (pneumonie, convulsions et décès) liées à la maladie pour documenter le modèle bénéfices/risques. Sept des 19 bases de données européennes sur les soins de santé identifiées dans ADVANCE ont participé à cette étude : Danemark (n = 2), Espagne (n = 2), Royaume-Uni (n = 2) et Italie (n = 1). L'exposition a été définie comme toute vaccination contre la coqueluche (vaccin acellulaire (aP) ou à germes entiers (wP)). Le suivi a commencé 14 jours après la première dose. Les enfants ayant reçu un vaccin contre la coqueluche entre janvier 1990 et décembre 2015 ont été inclus.

 

La cohorte a inclus 2.886.367 enfants âgés de ≤5 ans. Les données sur la vaccination wP et aP étaient disponibles respectivement dans trois et sept bases de données. Les taux d'incidence de la coqueluche pour 100.000 personnes-années variaient largement et se situaient entre 0,15 et 1,15, et les tendances dans le temps étaient conformes à celles observées dans les bases de données nationales de surveillance de la coqueluche.

 

Les taux d'incidence de la coqueluche ont diminué à mesure que le nombre de doses de vaccins administrés augmentait. Les complications liées à la coqueluche étaient rares (89 pneumonies, 7 convulsions et aucun décès), mais leur risque relatif n'a pas pu être estimé.

 

L'étude a démontré la faisabilité du système ADVANCE pour estimer l'évolution des taux d'incidence de la coqueluche après la vaccination. Des échantillons plus importants fourniraient une puissance supplémentaire pour comparer le risque de complications entre les enfants avec et sans coqueluche. La faisabilité d'études d'efficacité spécifique à un type de vaccin pourrait être envisagée à l'avenir.

 

Références

Sturkenboom M. et al., Why we need more collaboration in Europe to enhance post-marketing surveillance of vaccines. Vaccine 2020 ; 38 (2) : B1-B7

 

Source: Mediquality

 

 

 
 
Date de publication: 21/12/2020