Association Belge des Syndicats Médicaux

Une mauvaise e-réputation, pour un médecin, ça se soigne ?

 

L’e-réputation, c’est l’image de soi qu’on laisse sur le web, soit parce qu’on y produit des choses, soit parce que d’autres en produisent sur nous - parfois à notre insu. L’Ordre français propose un guide pour aider les médecins à gérer leur image numérique.

 

"Le bouche-à-oreille ayant cédé la place aux tweets, aux posts sur Facebook, tous les médecins sont concernés… et même peut-être envahis", commente l’Ordre Français des médecins. Coter un médecin comme un resto n’est pas illégal, rappelle-t-il, tout citoyen ayant le droit de donner son avis sur tout, même sans compétence particulière, s’il ne s’égare pas en appréciations injurieuses ou diffamatoires.

 

Pour l’Ordre, il est essentiel que les médecins réagissent, et adéquatement, si leur e-réputation est salie. D’où sa récente initiative de leur concocter, avec l’appui d’avocats spécialisés, un guide pratique. En 30 pages, celui-ci balaie différents champs - du préventif au curatif, pourrait-on dire.

 

La prévention par exemple commence par une veille, au moins mensuelle : le médecin doit garder à l’œil ce qu’on dit de lui en ligne, via des recherches sur les grands moteurs (Google, Yahoo, etc.), les sites spécifiques d’avis de patients (en France, par exemple, choisirunmedecin.com ou notetondoc.com) et les réseaux sociaux comme Facebook etTwitter. Se créer un compte personnel sur ces différents canaux contribue à une meilleure maitrise de ce qui s’y publie.

 

Quant à la réaction en cas d’atteinte avérée, elle revêtira diverses formes selon les cas, mais le médecin doit toujours avoir pour premier réflexe de conserver la preuve de la publication en cause, via des captures d’écran globales.

 

Le guide conseille et dépeint diverses attitudes face à des avis critiques d’internautes : neutre, pacifique, défensive voire offensive si les propos tenus sont illicites. Il indique à qui s’adresser s’il n’est techniquement pas possible de répondre directement et fournit des modèles de réponses circonstanciés (critique liée aux soins prodigués, au temps d’attente jugé trop long, à la consultation jugée trop courte…)

 

Même dans le feu de l’action, le médecin doit rester déontologiquement clean : dans sa réplique, il ne peut porter atteinte au secret médical ni faire une quelconque promotion de son activité.

 

Le guide est complété par un tuto qui fonctionne comme un arbre décisionnel : il indique la marche à suivre dans les cas d’intégration sans accord préalable dans un répertoire professionnel et de critiques (il)licites sur le web.

 

Source: Le Spécialiste