Association Belge des Syndicats Médicaux

Communiqué de presse relatif aux suppléments d’honoraires en chambres individuelles: ‘Il n’y a pas de limites à l’hypocrisie des mutualités. Elles veulent maintenir la rentabilité de leurs assurances hospitalisation’

Bruxelles, le 10 novembre 2017

 

L’ABSyM, le plus grand syndicat de médecins, fustige le nouvel affront des Mutualités socialistes envers les médecins relayé aujourd’hui par les médias. Le fait que les suppléments d’honoraires en chambres individuelles continuent à augmenter n’est pas nouveau. Cette évolution est écrite dans les étoiles et a été, soit dit en passant, amorcée  par les mutualités elles-mêmes. Leur intervention entraîna l’interdiction de facturer des suppléments d’honoraires aux patients en chambres communes. Les mutuelles ont mené ce combat dans leur propre intérêt, pour maintenir la rentabilité de leurs assurances hospitalisation.  


Les hôpitaux sont structurellement sous-financés par les autorités publiques et sont donc contraints de chercher de nouvelles sources de financement. Leur stratégie de survie était donc prévisible: inciter les médecins à demander des suppléments plus élevés aux patients en chambres individuelles. Parfois, les hôpitaux décident unilatéralement, sans aucune concertation avec les médecins, d’instaurer une augmentation des suppléments, que ces mêmes hôpitaux s’attribuent intégralement.

 

Dans les hôpitaux bruxellois et wallons, les suppléments sont plus élevés car les honoraires sont davantage écrémés qu’en Flandre. La source du problème réside dans la gestion inefficace de bon nombre d’hôpitaux bruxellois et wallons.

 

La nouvelle attaque média des mutuelles au sujet de l’augmentation des frais pour les chambres individuelles est hypocrite et vise une fois de plus à atteindre le même objectif : conserver l’abordabilité (entendez rentabilité) des assurances hospitalisation. Dans leurs polices d’assurance hospitalisation, les mutuelles ne remboursent que 100% des suppléments d’honoraires sur les chambres individuelles mais oublient d’en informer leurs affiliés.

 

L’ABSyM contribue de manière constructive à la mise en pratique de l’accord médico-mutualiste du 27 mars 2017[1]. Pour y arriver, en parallèle avec la médicomut, l’ABSyM se concerte également avec le secteur hospitalier.

 

Dr Marc Moens

Président de l’ABSyM



[1] Point 4.3.4. Pendant la durée de l'accord, la CNMM souhaite procéder à une analyse approfondie

de la problématique des «suppléments d'honoraires». Cette problématique ne peut être

dissociée de la thématique de l'accessibilité des soins de santé, d'une part, et du droit à des

honoraires équitables pour les dispensateurs de soins, d'autre part.