Maggie De Block interrogée au sujet de la prescription électronique

Il est impératif d'aller vers la prescription électronique, mais en tenant compte des réalités, comme la pénurie de généralistes dans certaines régions. Le lancement du logiciel ne contredit-il pas la prolongation – idéalement jusqu'en 2021 – de la prescription papier pour les médecins les plus âgés? Découvrez le débat en Commission Santé publique du mardi 26/09/2017.

 

Yoleen Van Camp (N-VA): Après un démarrage difficile en raison des maladies infantiles du logiciel, les prescriptions électroniques semblent plus fluides. Ces prescriptions demeureront-elles valables trois mois, à l'instar de la version papier? La ministre est-elle d'avis qu'une durée de validité prolongée donnerait une impulsion supplémentaire à la prescription électronique? A-t-elle prévu des mesures dans ce sens? Pourquoi le délai a-t-il été fixé à trois mois? Ce nouveau système permettra-t-il de déterminer la proportion d'attestations de remboursement qui ne sont jamais introduites ou le sont tardivement?  

 
Catherine Fonck (cdH): En octobre sera lancé le logiciel PARIS, permettant d'accompagner l'informatisation de la prescription. Il y a pourtant une forte demande pour que les médecins plus âgés puissent continuer à utiliser la prescription papier, surtout pour éviter qu'ils ne cessent leur activité plus tôt que prévu. Cette possibilité devrait être maintenue jusqu'à la concordance avec le dossier médical informatique, prévue pour le 1 er janvier 2021.
Oui, il faut aller vers la prescription électronique, mais en tenant compte des réalités, comme la pénurie de généralistes dans certaines régions. Le lancement du logiciel ne contredit-il pas la prolongation – idéalement jusqu'en 2021 – de la prescription papier pour les médecins les plus âgés?  
 
Daniel Senesael (PS): Y a-t-il des formations à la prescription électronique prévues pour les médecins plus âgés? Comment serontelles organisées?  
 
Véronique Caprasse (DéFI): Selon l'enquête de New-Pharma et MediQuality auprès de 400 médecins, seuls 15 % pensent que la santé numérique améliorera la relation avec leurs patients. Ils doutent des innovations comme la plateforme e-health à cause des difficultés d'utilisation, du manque de confidentialité des données et des risques d'erreur.
Seuls 33 % des interrogés ont adopté la prescription électronique. Elle ne permettrait pas d'insérer tous les conseils habituels de prise de médicaments et on craint les problèmes techniques déjà évoqués en mai dans une question précédente. Les médecins sondés redoutent une moindre prise en compte du facteur humain; les objets connectés rassurent à tort et n'assurent pas la sécurité des données. La diversité des logiciels et leur incompatibilité mettent à mal le partage des données, sauf, semble-t-il, en Wallonie.
Combien de médecins ont adopté la prescription électronique dans chaque Région? Quel pourcentage du corps médical représentent-ils? Où en est la solution pour les personnes sans carte d'identité? Maintenez-vous son entrée en vigueur  généralisée au 1er janvier 2018? Dialoguez-vous avec les médecins pour prendre en compte les difficultés sur le terrain, tant pour la prescription électronique que pour les évolutions vers l'e-santé? Qu'en est-il de l'information aux patients, aux médecins, aux pharmaciens, aux mutuelles et à tous les acteurs concernés? Le dépliant à diffuser en pharmacie évoqué dans votre réponse de mai est-il toujours d'actualité? Qu'en est-il des médecins?  
 
Maggie De Block, ministre: Je pense avoir déjà répondu exhaustivement à la question de Mme Van Camp le 21 juin.  J'ai pris connaissance des conclusions de l'enquête. Sans nier les inquiétudes des prestataires ou les problèmes pratiques, les signaux qui me parviennent sont encourageants.
 
Pour la prime télématique 2016, la moitié des généralistes ont atteint les seuils fixés pour au moins trois des six paramètres. Nombre de médecins généralistes ont établi au moins un quart de leurs prescriptions par voie électronique lors du second semestre 2016 et ils sont de plus en plus nombreux à recourir à ce mode de prescription.
 
La prescription électronique en ambulatoire gagne également du terrain. Une application permettra au prescripteur de s'identifier avec sa carte d'identité et son code PIN. Ses principaux bénéficiaires seront les généralistes ou spécialistes, les dentistes et les sage-femmes qui n'ont pas accès au logiciel de gestion du dossier patient ou au système d'information hospitalier ou qui ne disposent pas encore de dossier médical informatisé. 
 
Sont concernés également les prescripteurs n'ayant plus de pratique ou travaillant dans des organismes assureurs, l'administration ou l'enseignement mais aussi les prescripteurs plus âgés en fin de pratique. Une phase de test préalable en situation réelle est prévue. L'application sera disponible en décembre 2017.
 
Une communication suivra la phase de test. À partir de 2018, la prescription électronique sera généralisée. Depuis 2015, j'ai conclu des conventions avec les entités fédérées à hauteur de 2 millions d'euros pour qu'elles promeuvent l'e-santé auprès des prestataires. 
 
L'INAMI a effectué un travail considérable. Les prescriptions papier sont appelées à se raréfier mais elles resteront utilisables s'il est impossible de délivrer une prescription électronique. L'application PARIS constitue un complément efficace pour les personnes âgées et pour les prescripteurs occasionnels.  
 
Catherine Fonck (cdH): Vous confirmez qu'il y aura une généralisation de la prescription électronique mais qu'en cas de problèmes techniques et pour les médecins plus âgés, la possibilité de prescrire sur papier continuera d'exister. C'était une demande fondamentale du terrain. Si l'on veut que ce soit une réussite, de telles adaptations sont indispensables.  
 
Véronique Caprasse (DéFI): Cette réponse globale est satisfaisante mais je suppose que pour les patients sans carte d'identité à puce, la solution sera le document papier.  
 
Maggie De Block, ministre: Une solution existe pour les détenteurs d'une carte d‘identité belge ou d'une carte de séjour. La discussion est en cours pour les sans-papiers.  
 
Véronique Caprasse (DéFI): Le problème demeure pour les cartes d‘identité sans puce. Ce n'est pas la responsabilité du médecin. 
 
La présidente: Avant les vacances, vous précisiez qu'il y aurait un délai de tolérance pour les médecins âgés. Certaines administrations n'ont pas actualisé tous les documents d'identité. Il faudra investiguer davantage. Het incident is gesloten.

 

Source: Commission Santé publique - 26/09/2017 - Mediquality
Date de publication: 03/10/2017