La problématique du cytomégalovirus chez la femme enceinte

Avis n° 9262

I INTRODUCTION ET QUESTION
Lors de l’élaboration de la réponse par lettre (avis 92152 de fin 2014) à la VWVA (Vlaamse Wetenschappelijke Vereniging voor Arbeidsgezondheidkunde) au sujet du cytomégalovirus (CMV) et de l’écartement ou non de la femme allaitante (puéricultrice) de son travail de gardienne d’enfants en bas âge (crèche), les présidents des domaines « Infectiologie » et « Vaccination » ont validé le travail de la VWVA uniquement en ce qui concerne la femme allaitante (travaillant comme puéricultrice).
A l’époque, l’importance d’étendre l’analyse de ce document à la femme enceinte de manière générale (y compris par exemple celle travaillant dans les secteurs médicaux et paramédicaux) et sans doute également à d’autres infections que le CMV avait été soulignée.
La législation du travail comporte des spécifications en matière de protection de la maternité qui ne correspondent pas aux connaissances actuelles en infectiologie et en épidémiologie. Les écartements du travail sont devenus obsolètes pour certains publics et dans certaines circonstances. Dans le cadre de la protection de la santé du travailleur, il est donc indispensable d’actualiser les spécifications de l’écartement du travail et de délivrer des recommandations argumentées (evidence based) à l’attention des autorités compétentes.
Le principe de cette démarche a été approuvé par le Collège de novembre 2014 tout en attirant l’attention sur le fait que le CSS doit veiller à ne pas empiéter sur les missions de la médecine du travail.
Parmi toutes les infections auxquelles une femme enceinte peut être exposée, le CMV est l’agent représentant le risque le plus important. Selon les estimations, une centaine de nouvelles infections congénitales à CMV (cCMV) survient en Belgique chaque année. La cCMV est la principale étiologie infectieuse de retard mental et de surdité congénitale. Le CMV est la cause de près d’un tiers des cas de surdité constatés chez l’enfant. Les conséquences psychosociales et les coûts financiers en découlant sont donc importants. D’autres infections pouvant également survenir durant la grossesse ont des conséquences sociales nettement moindres. C’est la raison pour laquelle, au lieu d’étudier l’ensemble des agents infectieux (ce qui représente une tâche de grande ampleur), il a été décidé de limiter le présent avis au CMV, mais de se concentrer sur la femme enceinte en général, plutôt que de se pencher uniquement sur la femme en activité professionnelle.
Les autres agents infectieux repris dans l’Arrêté Royal du 2 mai 1995 concernant la protection de la maternité (cf. Point V. Références), comme p.ex. les Echovirus ou Neisseria gonorrhoeae, n’ont donc pas été étudiés. Cette tâche pourrait éventuellement être entreprise par la suite.

 

2 CSS 9215 « Validation du contenu de l’avis de la VWVA ayant trait au cytomégalovirus (CMV) et à l’écartement ou pas du travail
de la puéricultrice allaitante », 2014.


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Date de publication: 26/11/2015
 

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