Dépistage génétique généralisé en contexte de procréation. Vers une mise en œuvre responsable dans le système des soins de santé

Avis n° 9240

Le dépistage en population vise à identifier les porteurs « en bonne santé » d'une maladie récessive alors qu'à priori, ceux-ci ne présentent aucun risque accru sur la base de leurs antécédents familiaux. Leur risque d'être porteur est lié à la prévalence de la maladie dans la population. Une maladie autosomique récessive se manifestera à un âge précoce ou plus avancé en cas de mutation des deux copies (allèles) d'un gène particulier. Les porteurs d'un tel allèle muté sont en bonne santé. En l'absence d'antécédents familiaux et de tests, ces personnes ignorent qu'elles sont porteuses d'une mutation. Lorsque deux porteurs d'une mutation du même gène désirent une grossesse, le risque que leur enfant soit atteint s'élève à 1/4 et si l'enfant naît en bonne santé, le risque qu'il soit porteur est de 2/3. 

 

Une maladie récessive liée à l'X est typiquement observée chez les garçons ou les hommes, tandis que les femmes sont généralement des porteuses saines. Cette situation s'explique par le fait que les hommes ne possèdent qu'un seul chromosome X et, par conséquent, une seule copie (allèle) de chaque gène lié à l'X. Les femmes possèdent deux chromosomes X et donc deux copies (allèles) de chaque gène lié à l'X. 

 

Lorsqu'une femme est porteuse d'un allèle muté, elle sera généralement en bonne santé, bien que des exceptions existent. En revanche, le fait qu'elle soit porteuse signifie que le risque que ses fils soient atteints s'élève à 1/2. De plus, et dans l'hypothèse où son conjoint est en bonne santé, le risque que ses filles soient elles-aussi porteuses s'élève également à ½. Les raisons pour lesquelles certaines femmes porteuses peuvent être symptomatiques, souvent à un âge plus avancé, sont variables et les faits observables doivent dès lors être pris en compte lorsqu'un dépistage est proposé. 

 

Au total, plus de 1 300 maladies récessives légères ou graves sont connues à l'heure actuelle. Elles affectent 2 à 3 enfants/1 000 et signifient que 1 à 2 % des couples sont à risque. Dans une étude récente qui portait sur un échantillon diversifié sur le plan ethnique et composé de 23 453 individus, 24 % de ces derniers se sont avérés être porteurs d'au moins une parmi 108 différentes maladies monogéniques (Lazarin et al., 2012).

 

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Date de publication: 20/04/2017
 

KCE