02/04/14" Nos recommandations prioritaires pour un système de santé plus inclusif "

Communiqué de presse INAMI - Médecins du monde - Bruxelles, 2 avril 2014
"Nos recommandations prioritaires pour un système de santé plus inclusif"

 

Plus de 300 personnes du secteur de la santé se sont réunies le 28 mars pour trouver des solutions qui rendront les soins accessibles aux populations plus vulnérables en Belgique. En conclusion, voici nos 5 axes de recommandations prioritaires pour un système de santé plus inclusif : politique d’inclusion, prévention, soins ‘sur mesure’, renfort des mesures existantes, information et compréhension du patient.


Le système de soins de santé belge est performant ! Pourtant pour certains groupes, l’accès aux soins de santé n’est pas encore une évidence, et ceci entraine des inégalités bien réelles au niveau de la santé.
Dans le cadre des 50 ans de l’assurance soins de santé et indemnités, l’INAMI et Médecins du monde ont publié un Livre vert sur l’accès aux soins et organisé des tables rondes autour de certains thèmes : personnes en dehors du cadre de l’assurance, sans-abris et santé mentale, report de soins, groupes ayant des pratiques à risques, femmes et enfants en situation précaire, primo-arrivants.


Nos 5 axes de recommandations
Les tables rondes n’étaient pas un but, mais un point de départ : à l’issue de la journée, chaque table a fait des recommandations. Voici nos 5 axes de recommandations prioritaires pour rendre notre système de santé plus inclusif.

 

1. Oser une politique d’inclusion
Il y a actuellement trop d’obstacles administratifs et de réglementations distinctes, ce qui ne facilite pas le recours aux soins.
Nous recommandons de standardiser en profondeur les procédures et les règles, de les harmoniser au maximum avec celles de l’assurance soins de santé. Ceci est possible, et devrait permettre de réduire considérablement les charges administratives. Les moyens pourraient être regroupés au sein de l’INAMI, comme c’est déjà partiellement le cas aujourd’hui pour les détenus et les personnes internées. Une affiliation provisoire à une mutualité peut garantir l’accès aux soins de première ligne.

 

2. Renforcer les mesures qui existent
Des réformes ont déjà été menées pour améliorer l’accessibilité financière aux soins :

  • interdiction de facturer des suppléments d’honoraires dans les chambres à 2 lits ou communes
  • extention du maximum à facturer (MàF) pour les malades chroniques
  • à partir de 2015, les mutualités pourront activement identifier les ménages à faibles revenus et donc faire un grand pas en avant en direction de l’octroi automatique de l’intervention majorée
  • à partir de 2015 aussi, le régime du tiers payant sera systématiquement appliqué aux bénéficiaires de l’intervention majorée et aux malades chroniques.

Ces mesures doivent devenir effectives au plus vite et pour le plus grand nombre possible de prestations. Nous recommandons d’autres améliorations, telles que l’extension du MàF à certains médicaments non remboursés ou la réduction du seuil des tickets modérateurs pour les ménages aux revenus les plus bas.

 

3. Investir dans la prévention
Pour diminuer drastiquement les inégalités en matière de santé, nous recommandons d’investir de manière significative dans la prévention, et en priorité dès la grossesse et la petite enfance, puisque ceci permet de réduire fortement les inégalités en matière de santé.


4. Offrir des soins « sur mesure » à certains groupes
Les schémas traditionnels d’assistance ne sont pas taillés pour les patients exclus, parfois simplement à cause de problèmes trop complexes.
Nous recommandons de poursuivre les efforts réalisés, grâce à une approche « sur mesure. Un travail « sur mesure » est une nécessité pour les groupes exclus ou ayant des problèmes de santé spécifiques, par exemple en raison :

  •  des risques spécifiques de contracter l’hépatite C, le HIV et le SIDA, la gale,
  •  de la combinaison de problèmes psychotiques avec l’usage de stupéfiants
  • du fait de se retrouver à la rue.


5. Améliorer l’information et compréhension du patient

Nous recommandons de soutenir la health literacy, à savoir la capacité d’une personne à trouver, à comprendre et à utiliser l’information santé de base, les options de traitement qui s’offrent à elle et à prendre des décisions éclairées concernant sa propre santé. Par exemple, l'assurance soins de santé doit prévoir une aide financière pour l’intervention de personnes de confiance telles que des médiateurs interculturels et des experts.
En investissant dans ces 5 domaines – par exemple avec un plan pluriannuel qui ne devrait pas coûter cher – nous pouvons réaliser des bénéfices considérables pour la santé, qui profiteront en fin de compte à l’ensemble de la population. Et ce, grâce à l’engagement de nombreux travailleurs de la santé qui, jusqu’ici, ne se sentent pas assez soutenus.

 

Un Livre blanc pour les autorités publiques
Prochain objectif : rassembler ces recommandations dans un Livre blanc destiné aux autorités publiques.


Contacts presse

 

Source : INAMI

Date de publication: 05/04/2014